Numéro 21 / janvier 2017

Avec ou sans l'inconscient ? Journée d’étude du Kring - Gent

Le 3 décembre 2016, le Kring voor Psychoanalyse van de NLS nous conviait à une journée d’étude au titre surprenant : « Avec ou sans l’inconscient ? ». En effet, l’inconscient, n’est-il pas un des concepts fondamentaux de la psychanalyse, la psychanalyse n’opère-t-elle pas toujours « avec » l’inconscient ? L’inconscient, n’est-il pas pour la psychanalyse ce qui est de plus « vrai » pour un sujet ? Lacan n’a pas cessé de reprendre ce thème, pendant tout son enseignement. Au fil de sa réélaboration continue dont on ne saisit peut-être pas encore toute la portée, le parlêtre et l’une bévue se sont substitués à l’inconscient. Avec ses interventions riches d’intérêt, cette journée nous a permis de faire un pas de plus dans cette question.

Dans le titre équivoque et impossible à traduire en français, « Weg van het onbewuste », résonnent plusieurs points de vue, comme Nathalie Laceur, présidente du Kring, le précisait à titre d’introduction. « Weg van het onbewuste », c’est « la voie vers l’inconscient ». Ce sont les formations de l’inconscient, les lapsus, les actes manqués, les rêves. C’est Freud lui-même qui appelait le rêve « via regia » vers l’inconscient. « Weg van het onbewuste », c’est aussi : « fou de l’inconscient », « épris de l’inconscient ». C’est l’enthousiasme dont on peut être pris dans une analyse, l’enthousiasme pour le déchiffrement, pour le sens des symptômes et les formations de l’inconscient, surtout au début d’une analyse. L’enthousiasme qui peut aussi être l’oubli de l’inconscient, l’oubli de la permanence de l’inconscient, comme dit Miller dans Choses de finesse1. Mais « Weg van het onbewuste » peut aussi vouloir dire : « s’éloigner de l’inconscient ». A l’heure actuelle, il semble qu’on se détourne de plus en plus de l’hypothèse de l’inconscient dans notre société. Y-a-t-il des lieux dans la culture où la psychanalyse peut se loger ? Et finalement, « weg » dans le sens de « parti, fini » : que devient l’inconscient à la fin d’une analyse ? Est-ce possible pour un sujet d’en avoir un jour vraiment fini avec l’inconscient grâce à une analyse, est-ce que l’analyse permet d’aller « au-delà de l’inconscient » ?

 


1 Miller J-A., « Choses de finesse », L’orientation Lacanienne (2008-2009), enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de Paris VIII, séance du 26 novembre 2008, Inédit

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