Numéro 22 / février 2018

Le calcul de la langue

Éric Laurent dans son livre La bataille de l’autisme déploie « comment le sujet autiste tente de réduire la langue à un calcul ou à la répétition de lettres, soit des façons de faire taire le bruit de la langue en tant qu’elle ne cesse de produire des équivoques, de réduire celles-ci au silence.(…) Ce calcul pour réduire l’équivocité ne va pas sans la prise en compte de la jouissance qui accompagne ce calcul. La répétition du Un ne traite pas le glissement permanent de la lallation vers un autre “bout de langue”. Il faut donc que le sujet construise ses modes de traitement de l’équivoque, du bruissement de la langue, par un mode de calcul discret. C’est un calcul qui opère sans le secours des découpages établis, par les routines de l’usage, dans le tissu de la langue1 ».

Le bruissement de la langue

Bruit de clés (j’ouvre une armoire).

Achille : « Véronique elle a cassé les clés, t’as cassé léclérrr / l‘éclair / l’ékkklair / cassé / t’as casssssé … »

Les bruits du quotidien renvoient au bruit de la langue qui ne cesse jamais, ce dont Achille se défend en se bouchant les oreilles lorsqu’il court en longeant les bords de pièce en pièce.

 


1 Laurent E., La bataille de l’autisme, Paris, Navarin, Le champ freudien, 2012, p. 98.

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