Numéro 22 / février 2018

Pourquoi l’autisme ? - Introduction à la journée des Ateliers du 94

L’initiative de cette Journée d’échanges cliniques sur l’autisme provient du désir que nous avions, mes collègues des Ateliers du 94 et moi-même, de nous mettre à l’étude de la clinique de l’autisme, de mettre nos expériences en commun avec d’autres institutions orientées par l’éthique de la psychanalyse, de pouvoir en débattre et de transmettre le produit de ce travail à l’Agence pour une Vie de Qualité (AViQ) qui nous subsidie ainsi qu’à d’autres institutions qui pourraient trouver intérêt à ce travail.

La clinique psychanalytique avec les enfants, et plus encore avec les adultes autistes, semble passer pour une aberration dans l’opinion publique. Puisqu’il s’agit d’un handicap dont l’origine serait neurologique – pense-t-on – des méthodes éducatives renforcées conviendraient mieux à la prise en charge. C’est d’une part croire un peu vite que le mystère de la cause est résolu par la science : il n’y a, à ce jour, toujours pas de réponse assurée à la question de l’étiologie et les hypothèses les plus sérieuses et les plus farfelues continuent d’affluer et d’être présentées comme des certitudes. D’autre part, c’est méconnaître l’évolution de la doctrine et de la pratique de la psychanalyse. Cette ignorance est partiellement due à l’image véhiculée par les grands médias : la cure par la parole, le divan, et la théorie œdipienne. Cette image correspond à la psychanalyse telle qu’elle a été formalisée par Freud pour répondre au malaise de la civilisation de son époque.

Comme le formule Éric Laurent, nous sommes aujourd’hui délivrés d’une hypothèse absurde qui liait la cause de l’autisme au lien mère-enfant mais nous sommes aussi délivrés du mystère de la cause. Quelle que soit l’origine, l’explication qui sera un jour apportée aux questions que se posent cruellement les parents et les familles, chaque autiste est une personne différente dont la subjectivité est singulière et qu’il faut aussi pouvoir prendre en compte au-delà de toute éducation, bien sûr nécessaire à condition qu’elle s’adapte à chaque sujet. La psychanalyse aujourd’hui, telle qu’elle est devenue grâce à Jacques Lacan, est la prise en compte de cette singularité absolue qu’il y a entre chaque individu et quel que soit son diagnostic.

 

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