Numéro 11 / mars 2013

Être dans la rue avec Uyarina

 

Point de rencontre est un espace institutionnel orienté par la psychanalyse, qui propose un lieu clinique pour enfants, adolescents, adultes et couples qui vivent dans une situation « de rue » et de risque ; pour qu’ils puissent parler de leurs problèmes, désirs ou difficultés1. Le cas clinique suivant a été suivi dans le projet « Insertion, Réinsertion et Permanence scolaire pour enfants en situation de rue et de risque ». Ce projet inclut les enfants, les proches, frères ou neveux des personnes qui sont dans la rue ou en « situation de risque », qui consomment de la clefa (colle à inhaler à base d’essence), de l’alcool et/ou d’autres drogues. La psychanalyste de l’institution opère comme un Autre différent, un Autre qui accueille, permet de parler, respecte, particularise comme sujet, accueille le désir singulier, écoute et intervient à partir d’une position, en pariant que quelque chose de la subjectivité se déploie pour rendre possible la construction d’un nouveau lien social.

Lucia a quatorze ans, elle est en cinquième primaire à l’école, c’est l’aînée de cinq frères et sœurs ; elle commet des vols dans la rue avec ses camarades, elle vit avec ses parents qui consomment de la clefa et de l’alcool, et laissent leurs enfants seuls pendant des jours. Le père a des difficultés pour subvenir à leurs plus simples besoins. Il vend parfois ses affaires, en état d’ébriété, ce qui affecte encore plus la situation économique familiale et génère des scènes d’agressivité constantes autant envers sa femme que ses enfants. Le travail surgit à partir des rencontres, avec très peu de paroles, en accompagnant Lucia dans certaines activités scolaires, ou simplement en étant dans l’espace pédagogique en train de jouer, observer des scènes où elle dit qu’elle ne veut pas travailler, où elle bouge d’un endroit à l’autre sans vouloir réaliser aucune activité, provoquant des relations imaginaires d’agressivité verbale et physique avec d’autres enfants de l’institution. Elle oublie ses affaires constamment et elle accuse son frère d’être le responsable de ses oublis. Lors de ces scènes, où elle n’accepte aucune limite de l’Autre, nous entamons des conversations qui transmettent quelque chose de son histoire familiale, de la position qu’elle y occupe et y prend ; elle n’accepte pas d’avoir des entretiens dans un espace plus confidentiel.

Vous n'êtes pas encore abonné au Numéro 11 de mars 2013
et vous ne pouvez consulter qu'une présentation de cet article.

Pour lire cet article dans son intégralité, vous devez utiliser des crédits. Vous aurez alors accès à l'ensemble des articles de ce numéro.

Me connecter