Numéro 11 / mars 2013

"L'enfant grammairien" - un moment fort de la seconde journée de l'enfant

Je prends le parti de me focaliser sur l'intervention de Pierre Encrevé, phonologue, professeur à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, pour illustrer le propos de cette deuxième journée d'étude de l'Institut de l'enfant. Étant moi-même linguiste de formation, son intervention m'a beaucoup parlé et véritablement passionnée. En effet, quoi de plus exemplatif du rapport de l'enfant au savoir que son rapport au langage ? Pierre Encrevé a bien démontré qu'en termes de grammaire, c'est l'enfant qui possède le savoir et l'adulte, au fil du temps, désapprend ce savoir sur sa langue.

Se basant sur la psycholinguistique, Pierre Encrevé a émaillé son intervention de nombreux exemples très parlants. A commencer par l'enfant de quelques jours qui non seulement reconnaît la voix de sa mère, mais peut également différencier sa langue « maternelle » d'une langue étrangère. Il peut ainsi distinguer très tôt les caractéristiques prosodiques d'une langue à l'autre (en termes de mélodie, de rythme, de tonalité) tout en ayant la faculté d'entendre intégralement le spectre phonématique des différentes langues. En effet, entre quatre ans et six ans, le petit d'homme est capable d'apprendre parfaitement une langue étrangère et de la maîtriser comme un natif sans erreurs et sans accent. Passée la puberté, il la parlera imparfaitement et toujours avec accent. Ainsi, au fil de temps, l'adulte devient sourd littéralement aux phonèmes des autres langues...

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