Numéro 12 / mai 2013

L'enfant, le squelette et la mort

La tentation qui consiste à vouloir pré-formater les actes, « harmoniser les pratiques » relève d'une illusion, d'un fantasme de maîtrise ou de réparation et conduit à une impasse éducative...Il ne peut pas y avoir de savoir absolu et pré-établi en matière de réponse au désespoir et à l'embarras de l'être humain dans sa relation à l'autre.Si on en croit les textes de modernisation sociale, le savoir serait logé du côté de professionnels « experts ».[1] Le parcours de Morgan, dans notre établissement, nous démontre le contraire.

Un enfant s’énerve 

L’enfant a 13 ans, au moment des faits. Il cumule quatre années de placement dans notre établissement suite à des difficultés scolaires. C’est un enfant très carencé sur un plan affectif et social. Il a été placé en famille d’accueil dès son plus jeune âge, suite à des violences maternelles. L’enfant ne connaît pas son père. Le beau-père est repéré par les services sociaux comme pouvant temporiser la relation mère-fils. Malgré cela, la présence de l’éducateur du service s’avère nécessaire. Suite à certaines visites familiales, l’enfant réagit par une angoisse importante et un comportement agité. Plus apaisé depuis son admission à l’Institut Médico-Educatif, des difficultés subsistent face aux apprentissages en classe, et en atelier éducatif. Les relations avec ses pairs sont compliquées (jalousie, bagarres et harcèlement de sa part). L’intervention d’un adulte provoque une crise : il se sent persécuté, surtout lorsqu’une sanction s’avance. Il se met alors à cracher sur les personnes à proximité, vociférer, taper dans les meubles, insulter, frapper ses interlocuteurs. Plus tard, ces attitudes de violence répétées lui vaudront un renvoi de trois jours de l’établissement.

Au cours de ses périgrinations l’enfant se balade avec des objets qu’il rapporte, transporte de différents lieux et dont il ne peut pas se séparer. Il y a eu des moments au cours desquels ces objets provoquaient de l’excitation, par exemple au moment des récrés.

Pour répondre à la difficulté de l’enfant qui déambule avec des « appendices » divers (peluches, livres, faux portable, costume de mousquetaire…), en général rapportés de son domicile, les professionnels choisissent d’imposer à l’enfant de déposer ses menus morceaux dans une « boîte » disposée dans son « groupe accueil » ; la volonté de l'équipe éducative visait l'arrêt des parasitages (excitations...) pour amener l'enfant à se conformer au travail de la classe ou des ateliers éducatifs. Cependant, cette solution construite par les adultes, organisée sous le mode d’un impératif, n’a pas produit les résultats escomptés.

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