Numéro 15 / juin 2014

« La chose que me fait plus peur au monde, c’est moi-même »

C’est un énoncé que j’ai entendu plusieurs fois dans le discours de Marc dans les moments où il me parle « en privé » dans le bureau. Il me l’a dit encore récemment, à la suite d’une conversation où il m’a parlé d’un rêve qu’il avait fait et qu’il a tenu absolument à me raconter. Il avait rêvé de son frère. Cette fois-ci, il n’a pas détaillé le rêve mais avait plutôt besoin de parler de ce frère, du fait qu’il n’a pas assisté à ses funérailles. Des médecins lui ont dit que s’il avait des visions et des voix, c’est pour cette raison, parce qu’il n’a pas vu son frère mort. Je lui dis que ce n’est pas vrai et que c’est mieux de garder le souvenir vivant d’un être cher. Cette conversation a eu lieu dans la salle à manger lors du petit déjeuner. Il se lève alors, me remercie et repart à l’appartement où il cohabite avec deux autres jeunes hommes, qui est son lieu de résidence.

Le parcours de Marc au Courtil, depuis cinq ans, lui a permis, en s’appuyant beaucoup sur les intervenants et les autres résidents, de faire un peu barrage à un Autre trop puissant, là où la mort est le signifiant qui fait, pour lui, retour dans le réel en permanence.

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