Numéro 15 / juin 2014

Vider son sac

Si je tiens à présenter le cas de Brian, c’est principalement parce que la tâche m'est tombée dessus de mettre en règle sa, ou plutôt notre demande de curatelle renforcée, bien utile pour sa sortie du groupe où il est résidant. D'après ce que j'ai compris, je peux me hâter lentement. Et heureusement, parce que ça n'a pas l'air d'aboutir si facilement. J’ai eu la maladresse de lui en avoir parlé avant même avoir eu les documents à remplir. Là où dans un premier temps il semblait partie prenante, au second temps,  il s’est rétracté : « je n’aime pas qu’on me demande de remplir des papiers ». Deux temps, c’est trop ; c’est de la dialectique. Je vais devoir attendre une autre occasion pour l’attraper. C’est pourtant une question : comment attraper un bout de Brian ? En tout cas, ça ne se planifie pas.

Brian est en studio, au Courtil Jeunes Adultes, depuis fin septembre, cela fait huit mois. Son entrée en studio a été précédée d’une hospitalisation et d’une mesure de protection, ainsi que de soins psychiatriques obligatoires, cela suite à un épisode maniaque aigu. Son psychiatre pose comme condition de sa sortie une scolarité suivie, des retours en famille réguliers et des entretiens assidus avec lui. J’ai assisté à trois de ces entretiens : le premier fut raté, le deuxième se termina plutôt en une réunion entre Brian, sa mère et son beau-père, le psychiatre et ses deux assistantes, le directeur thérapeutique de notre groupe et moi-même ! Lors du troisième, j’étais seul avec un Brian mutique devant son psychiatre.

Vous n'êtes pas encore abonné au Numéro 15 de juin 2014
et vous ne pouvez consulter qu'une présentation de cet article.

Pour lire cet article dans son intégralité, vous devez utiliser des crédits. Vous aurez alors accès à l'ensemble des articles de ce numéro.

Me connecter