Numéro 17 / mars 2015

Le bowling comme escabeau

Antoine aura bientôt vingt ans. Arrivé enfant au Courtil, dans une position de retrait autistique, ce sujet a pu s’ouvrir et développer certaines modalités de lien à l’autre. Relevons actuellement deux appuis : d’une part, le maintien d’un stage à la ferme, et d’autre part une activité d’élection : aller jouer au bowling.

Quelques traits qualifiant une position subjective

Plusieurs éléments convergent pour former une position schizophrénique. Il utilise un langage babil enfantin. Avare de paroles, il lui est difficile d’adopter une position d’énonciateur ou d’exprimer des affects ; il se soustrait à la demande de l’autre.

Antoine est très sensible à la faille qui surgit dans l’Autre. Dans les moments de flottement, lorsque la chaîne s’interrompt, une jouissance délocalisée, menaçante, s’empare de lui. Il ne tient plus en place. Il se retourne alors contre le semblable, il l’ennuie, le titille, et l’insulte peut surgir. Il ne s’agit pas d’une position de persécution paranoïaque : simplement il localise dans le petit autre présent la jouissance énigmatique, et peut bousculer ou frapper celui-là même avec qui il s’entendra l’instant d’après. Toutefois, il ne fait pas bon se trouver en opposition frontale avec lui : il est arrivé qu’il mette à mal son « rival », adulte ou jeune.

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