Feuillets 1 / mai 1989

La clinique psychanalytique dans une institution d’enfants

L'intervention de psychanalystes dans les institutions d'enfants n'est pas neuve. Elle s'est instaurée de manière d'autant plus naturelle que, contrairement à ce qui s'est passé dans la clinique des adultes où la psychiatrie avait déjà une longue et solide histoire avant la découverte freudienne, l'émergence d'une clinique psychiatrique propre aux enfants est, à de rares exceptions près, postérieure à l'intervention de la psychanalyse. Il n'y a pas, à proprement parler, de clinique psychiatrique de l'enfant hors du champ déjà marqué par la psychanalyse. C'est donc plus aisément que dans le cadre des institutions psychiatriques pour adultes que des psychanalystes d'enfants ont trouvé leur place dans des institutions psychiatriques pour enfants. Ce mouvement apparaît d'autant plus fondé a priori que la psychanalyse a introduit avec Freud l'infantile dans le sujet.

La place de la psychanalyse dans les institutions pour enfants n'est cependant pas univoque. Bien souvent les psychanalystes y sont appelés - n'est-ce pas là d'ailleurs leur fonction - pour y pratiquer des cures psychanalytiques d'enfants. Des travaux nombreux ont démontré à l'occasion de l'efficace que de telles cures peuvent avoir. Nous pensons ici plus particulièrement aux cures pratiquées par Rosine Lefort et dont témoignent remarquablement les ouvrages de Rosine et Robert Lefort  (I)  Un ouvrage récent d'Odile Bernard-Desoria  (2) démontre une fois de plus, Si nécessaire, la~pertinence de telles cures. Et même Si dans ce dernier ouvrage l'accent est mis sur les rapports nécessaires du psychanalyste avec l'institution d'enfants, ceux-ci sont secondaires par rapport à la cure, c'est-à-dire servent à rendre possibles les conditions de la cure. Or ces conditions de la cure passent par une nécessaire castration de l'institution: disons simplement sa reconnaissance comme «pas-toute». C'est ce qui nous permet d'affirmer que la cure psychanalytique d'enfants a lieu structuralement hors de l'institution, et cela de toute manière, que son déroulement concret se passe dans les murs ou hors des murs. Plus précisément, Si elle n'est pas ainsi posée hors institution, elle ne peut être une cure psychanalytique. L'efflorescence des cures en institution ne garantit pas a priori que la psychanalyse en soit partie prenante.

Mais dans l'institution, la clinique psychanalytique a-t-elle une place à prendre ? Nous pensons que oui et que cette place passe par la formalisation d'une clinique en termes psychanalytiques, pour nous, lacaniens. C'est de la pratique d'une telle institution que nous voulons faire état.

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