Numéro 1 / février 2012

Black Swan, de Darren Aronofsky

C’est une magnifique jeune femme vêtue de rose et au chignon impeccable. Elle est couvée par sa mère, ex-ballerine qui n’a jamais véritablement percé dans le milieu et idolâtrant la fille qui dansera sans nul doute à sa place le « Lac des Cygnes » : l’ouverture du film Black Swan, réalisé par Darren Aronofsky, plonge d’emblée le spectateur dans un univers empreint d’une apparente mièvrerie. Celle-ci ne masque pas cependant la violence sous-tendue dans les rapports mère-fille : bien que déjà adulte et resplendissante, l’héroïne partage son temps entre les exercices à la barre de l’opéra et sa maison, entourée de ses peluches, dans sa chambre rose bonbon figée dans l’enfance, épiée par sa mère qui se distrait en peignant des portraits de sa fille.

Dans le corps de ballet, la violence n’est pas moins présente : elle s’incarne dans les autres ballerines, sortes de répliques vivantes de la fille, qui toutes potentiellement peuvent être choisies par le directeur pour danser le rôle tant espéré du Cygne. Il règne une agitation entre ces jeunes femmes s’épiant dans le miroir qui pourrait facilement évoquer le pensionnat de jeunes filles décrit par Freud dans Psychologie des foules et analyse du moi, au moment où il fait la distinction entre les différents types d’identifications : laquelle sera choisie par le maître ? Comment s’y est-elle prise ?...

 

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