18 / LA LANGUE DE L'ENFANT / octobre 2015

« La Troisième » ou le S1 tout seul

« La Troisième. Elle revient, c’est toujours la première »1 Si la première c’est un discours, le « Discours de Rome », « la Troisième » est une lecture. « Cette troisième je la lis » nous dit Lacan. C’est à ce niveau qu’il cherche à nous mener, en deçà de tous les sens possibles du discours. C’est pourquoi il dit qu’il ourdrome, il fait travailler le langage contre le langage pour en faire émerger une autre dimension, celle de la lettre, qui permettrait l’écriture d’un discours qui serait du Réel – rejoignant son vœu d’un discours qui ne serait pas du semblant.

J-A Miller écrit dans sa « notice de fil en aiguille » qui accompagne le volume du Séminaire xxiii, Le Sinthome, que ce qui s’ouvre avec « la Troisième » en novembre 1974 « constitue un retour par Lacan sur les fondements de sa propre tentative, et une mise en question de la psychanalyse d’une profondeur inégalée, et largement inaperçue, en raison du soin mis par Lacan à dérober à l’auditeur la portée de son discours et ses virtualités explosives »2. Et Miller de conclure qu’on « ne peut s’empêcher de penser que ce dernier enseignement de Lacan était du registre de ce que les Écoles antiques réservaient à l’enseignement ésotérique. »3 C’est une bonne entrée en matière pour ce texte d’une densité extraordinaire.


1 Jacques Lacan, « La Troisième », La Cause freudienne, n°79, septembre 2011, Navarin éditeur.

2 Jacques-Alain Miller, « Notice de fil en aiguille – Bavochage sur le noeud », Le Séminaire, Livre xxiii, Paris, Seuil, 2005, p. 205.

3 Ibid.

 

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