24 / PRATIQUES HORS LES NORMES / janvier 2019

Celui qui valsait tout seul

Lorsque, des trois temps logiques que nous propose Lacan1, nous ne retenons que l’« instant de voir » et le « moment de conclure », lorsque, sous la pression de la bureaucratie sanitaire, l’agir prévaut sur le temps pour comprendre, alors, la clinique devient une résistance contre cette nouvelle norme qui voudrait déployer dans nos institutions une maxime des temps modernes : « L’acte plutôt que la pensée ». La clinique d’orientation lacanienne deviendrait, de fait, hors-les-normes. Ne s’agit-il pas déjà de cela lorsque la has (Haute Autorité de Santé) classe la psychanalyse dans les thérapies non consensuelles ? Hors-les-normes, est-ce notre destin ?

Le mal, nous dit Hannah Arendt, est « extrême en ceci qu'il ne possède ni profondeur, ni dimension démoniaque. Il “défie la pensée” parce que la pensée essaie d’atteindre à la profondeur, de toucher aux racines, et du moment qu’elle s’occupe du mal, elle est frustrée parce qu’elle ne trouve rien. C’est là sa “banalité”2 ».

Ce texte a été initialement présenté lors des journées PIPOL 8 qui se sont tenues à Bruxelles les 1er et 2 juillet 2017.


1 Lacan J., « Le temps logique et l’assertion anticipé », Ecrits, Paris, Seuil, 1966.

2 Arendt H., « Lettre du 24 juillet 1963 à Gershom Scholem », Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal, Paris, Gallimard, « Quarto », 1991, p. 1358.

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