Numéro 10 / février 2013

Le réel de l'autonomie

Je voudrais vous parler d’un jeune homme qui a actuellement 27 ans, et qui habite dans l’un des Studios supervisés du Courtil depuis 2006. Le travail engagé avec lui depuis 2003 (date de son arrivée dans l’institution), a ceci de particulier qu’il a dû en grande partie se passer du matériel signifiant, Kevin étant quasi mutique ; sa position subjective a donc infléchi le travail vers une clinique presque pure du fonctionnement. Ce n’est sans doute pas chose si rare dans notre travail d’accompagnement de sujets psychotiques. Ce qui m’a plus intrigué, le concernant, c’est la question de l’habitation, du fait d’« habiter », qui n’a, c’est évident, rien de naturel, pour personne. Je résumerais ma question ainsi : Comment un sujet, qui, pour avoir un corps, doit se taire et qui, pour pouvoir parler, doit produire des « dits » sans que le « dire » comme acte, comme mobilisation de corps interfère, comment un tel sujet peut-il « habiter » un lieu ? Est-ce qu’habiter ne présuppose pas un certain nouage entre corps et signifiant, et si c’est le cas, comment faire quand corps et signifiant sont en exclusion interne ?

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