25 / RIRE ET ÉCLATS / juin 2021

Rire avec, et non rire de

Il y a quelques années, j’avais été surpris de la réponse d’un ami à ma proposition d’aller voir un groupe belge de rock expérimental qui donnait un concert gratuit dans le parc de la Villette lors d’un grand festival de printemps. Le groupe a une particularité notable, il est constitué dans sa grande majorité de musiciens par ailleurs reconnus handicapés mentaux. Il m’avait dit, sans détour et sans détail, que ça le gênait.

Connaissant l’homme, j’imaginais que ça n’était pas tant le contact ou la vision de personnes en situation de handicap qui le dérangeait ainsi, mais l’ambiance qu’allait créer leur montée sur scène et la nécessité d’affronter les réactions du public autour de lui. 

S’il avait eu la curiosité de s’y confronter, il aurait pourtant sûrement été étonné. Il est vrai, qu’en cet après-midi de mai 2015, le public circulant dans le parc d’une scène à l’autre, n’avait, pour une grande partie, pas pris le temps de regarder le nom des groupes sur le programme et ne s’attendait pas nécessairement à voir ces corps singuliers s’emparer de la scène du Jardin des Îles. Il y eut, c’est certain, une surprise, probablement de la gêne quelques instants, mais quelques instants seulement. Parce que très vite, la sauvagerie de leur musique ramenait tout le monde à la raison de sa venue, non pas celle de voir des handicapés en spectacle, mais celle de voir un concert brutal et danser dans le chahut.

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