25 / RIRE ET ÉCLATS / juin 2021

"On est déjà mardi!"

S’autorise-t-on à rire dans l’institution ? C’est toujours très délicat, risqué même car il est exclu de laisser supposer au sujet que l’on rit à ses dépens. Or, pour l’oreille attentive et alerte, combien de tournures, de réparties, de « bons mots », de saynètes improvisées, d’interventions surprenantes, ne prêtent-elles tout au moins à sourire ? Que nous ayons le plus souvent à réprimer notre rire, par respect pour l’énonciation du sujet, par précaution à l’égard des jouissances singulières, par soutien aux trouvailles, n’empêche pas d’être touché par ce qui vient de se dire, ce qui vient d’avoir lieu, et de souhaiter partager avec d’autres, non pas notre hilarité mais ce qui cause « la joie que nous trouvons dans ce qui fait notre travail »1. Celui-ci peut prendre des formes inattendues, comme j’ai été invité à le découvrir avec Renaud, adolescent refermé dans un carcan d’habitudes, pour qui le rire lui-même est soudain devenu un véritable travail.

1 J. LACAN : « Allocutions sur les psychoses de l’enfant », in Autres Ecrits, ed. du Seuil 

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