25 / RIRE ET ÉCLATS / juin 2021

Insultes et humour sur fond de poésie

Les insultes ont infiltré différents discours et différents lieux à commencer par les lieux d’enseignement. De fait il est remarquable que les adolescents psychotiques sont de plus en plus parasités par les insultes[1]. L’insulte a lieu de cité autant dans la sphère familiale – comme en témoignent certains jeunes venus en consultation – que dans les différentes institutions du champ scolaire, éducatif ou médical.  

Afin d’éviter de nous sentir visés par les insultes que certains nous lancent, lorsque nous les recevons dans ces institutions, nous proposons de nous orienter du réel en jeu pour chacun et d’en tirer un savoir-faire.

Ainsi, dans l’hôpital de jour La Demi-Lune[2], où je suis intervenu, la recrudescence du recours à l’insulte pour un bon nombre d’adolescents, nous a amenés à un travail de réflexion en équipe qui me conduisit à proposer comme thème de recherche pour une année entière « Insultes, variétés cliniques et modalités de réponse ». 

Nous sommes partis de quelques questions : à quoi peuvent servir les insultes pour ces patients psychotiques, à quoi répondent-elles ? Peut-on repérer le moment clinique et logique où elles surviennent, comme c’est le cas pour la patiente de Lacan[3], ou pour l’élève Torless [4]? Peut-on repérer les usages que ces jeunes patients font de l’insulte – différents d’un sujet à l’autre mais aussi pour un même sujet selon ce qu’il rencontre de façon contingente? Et enfin, quelles modalités de réponse donner au sujet insultant qui puissent l’aider à « traiter » le réel auquel il a affaire ? 

Nous tenterons de proposer des éléments de réponse à partir de vignettes cliniques. 

Cette mise au travail collectif s’est engagée à partir de la lecture des Mémoires d’un névropathe de Schreber afin d’y étudier la fonction de l’insulte.

 


[1] Comme en témoignent Jean et Florentin.

[2] Centre de jour pour adolescents La Demi Lune à Bordeaux où j’ai travaillé pendant 35 ans. 

[3] Patiente qui hallucine le mot « truie » dont Lacan fait grand cas dans son séminaire Les psychoses, cf J. Lacan, Le Séminaire, livre III, Les psychoses, Paris, Le Seuil, 1981. (notamment le chapitre IV).

[4] Lacadée Philippe, Vie éprise de parole , chapitre sur le livre de Musil Robert, Les désarrois de l’élève Torless, «  le surgissement de l’insulte comme traitement de la jouissance. » Editions Michèle, Paris, 2O12, p 215-222.

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